deutsch | english
So 20.05.
4 | 15 °C
Mo 21.05.
4 | 13 °C
Arrivée : .. »
Nuits:
Adulte:
Enfants:

Histoire

Comment tout a commencé

Sous la conduite du curé Joseph Rudens, 3 habitants de Zermatt rachetèrent le terrain à la commune de Zermatt et construisirent en 1854 une petite auberge sur le Riffelberg.

La construction de l’établissement de 18 lits s’avéra difficile et coûteuse, car sur cette hauteur sauvage à 2548 mètres d’altitude, il n’y avait absolument rien - mis à part un paysage d’une rude beauté, des pierres et du sable. Il fallait porter ou monter à dos de mulet le bois depuis Riffelalp, et tout le reste depuis Zermatt.

Nombre d’autochtones clamèrent immédiatement haut et fort, non sans une certaine joie maligne, que l'entreprise était vouée à la perte. Mais il n’en fut rien. Tout d'abord, un hôtel à l'écart de toute civilisation répondait parfaitement au goût de l'époque. Les couches féodales, fuyant la société industrielle émergeante, s’évadaient volontiers dans la nature. D’autre part, le Riffelhaus érigé à l’ombre de l’une des plus puissantes montagnes des Alpes ouvrait en quelque sorte l’âge d’or de l’alpinisme. Dès la deuxième année de son existence (en 1855), c’est de là que partit la conquête du plus haut sommet de Suisse, la Pointe Dufour.

Le succès du Riffelhaus tira de son demi-sommeil une très vieille habitante de Zermatt : l’envie. Une fois de plus, quelques Zermattois tentèrent de vendre un terrain sur cette hauteur à un hôtelier venu de l’extérieur. Si ce projet contraire au contrat avait été réalisé, nos pionniers auraient été contraints d'intenter une action en justice contre leur propre commune, ce qu'ils voulaient à tout prix éviter. Afin de ne plus donner aucune prise à l’envie et parce qu’ils n’étaient pas en mesure d’agrandir l’hôtel par leurs propres moyens, ils vendirent leur auberge à la commune de Zermatt en 1862.

Les fondateurs, en effet, n’avaient pas eu pour but de s’enrichir, mais d’arracher les Zermattois à leur léthargie et de leur faire réaliser, contre les voix de tous les prophètes de malheur, que l’avenir du modeste village résidait dans le tourisme.

Un agrandissement s’imposait, mais la commune manquait, elle aussi, des capitaux nécessaires. On trouva une solution salomonique : Alexander Seiler reprit les dettes accumulées du Riffelhaus, s’élevant à 15 000 francs suisses, et agrandit l’hôtel à ses propres frais. En contrepartie, la commune mit les matériaux de construction à sa disposition sur place et le dispensa du prix du bail pendant 15 ans.

A l'issue des travaux, le Riffelhaus avait pris belle envergure et proposait 30 chambres, 2 salles et une cuisine.

A 2548 mètres d’altitude, au cœur d'une superbe région de ski et de randonnée, l'hôtel s'est fait au fil des 140 ans de son histoire un renom bien mérité, loin au-delà des chaînes montagneuses du Valais. Entièrement rénové en 1982, il dispose aujourd’hui de 60 lits.

(Traduction d’un extrait de l’ouvrage « Hotels erzählen » d’Ernesto Perren)